Souffler n’est pas jouer…

J’ai déjà eu l’occasion ici de vous dire combien je trouvais le vent farceur. Mais sans jamais aucune méchanceté, hein ? Juste un poil lourd parfois, comme on le dirait d’un Casanova, élégant certes mais sur le Retour (Coeur sur Arthur Schnitzler…)

Alors que je luttais seul depuis 5 bonnes heures contre un Mistral surpuissant qui coulait comme un torrent hystérique sur le Rhône, je finis par céder… lassé par son obstination et ses mini-tornades de poussière gravillonneuse qui s’enroulaient autour de moi, tailladaient mes yeux nus et asséchaient ma gorge. Je quittai d’abord le chemin de halage pour prendre un sentier en contre-bas du contre-canal, pensant être protégé par tous ces « contres ».
Mais la situation n’évolua guère en ma faveur. Je décidai alors de m’enfoncer par une mini-sente dans la ripysilve avançant par soubresauts et tentant tant bien que mal de garder le cap au Nord. De branches en troncs, je finis par me retrouver en plein champ, vestige probable d’une ancienne couche du fleuve d’où j’aperçus un chemin parallèle à la grande Autoroute du Rêve de Sable mais situé en dessous… Je décidai de le rejoindre. Le grand souffle céda la place au grand vacarme des aoûtiens en pleine frénésie transhumancienne.
Y avais-je gagné ? Pas sûr.

Au bout d’un petit kilomètre, je compris que je longeais une aire d’autoroute et m’aperçus un peu plus tard qu’un petit morceau du grillage qui délimitait l’espace avait été méticuleusement découpé pour permettre de passer… Avec au bout pour moi, le rêve quasi féérique d’un expresso consolateur accompagné de sa gourmandise sucrée et d’un mur protecteur…
Soudainement jubilatoire, mu par l’énergie de l’espoir, je glissai une pensée confraternelle pour celui ou celle qui avait ouvert cette voie et me contorsionnai pour tendre vers ce festin digne de ma Tour d’Argent imaginaire. Mais quand soudain émergeant d’un amas de buissons, je tombais bouche-à-nez sur le parking encombré d’un capharnaüm de voitures et autres camping-cars et que je me sentis dévisagé comme une sainte apparition par les estivants (qui pour certains stoppèrent net la mise en bouche de leurs sandwichs), je compris que là n’était pas ma place.
Je m’immobilisai conscient de l’énorme problème que je posais à mon public : où était donc ma voiture ? Puis je me surpris à imaginer la file d’attente spectrale aux caisses du snack sans parler de celle pour les toilettes…
A cet instant précis, une forte rafale me cueillit plein front, m’obligeant à légèrement reculer.
Je compris le signal… Comme un clin d’œil !


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